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Les 35 "heurts"
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La direction est allée prier un 3ème syndicat de signer l'accord, le SNCS (Syndicat National des Cadres Supérieurs) car il fallait un troisième larron pour avaliser la duperie. Il faut noter que les principaux syndicats des cadres, l'UNSA et la CFE-CGC ont refusé de signer de même qu'ils avaient appelé à voter contre.
Que penser d'un accord qui n'est même pas bon pour les cadres ?
Selon SUD-rail le nombre de votants serait supérieur au nombre de cheminots... L'influence de la corse sans doute ? Ou bien la CGT a fait voter les retraités ?
Comment des OS, qualifiées de "majoritaires" par le Directeur, peuvent-elle signer un accord qui occasionne un recul social pour la majorité des cheminots ?
Ce n'est pas ce qui arrête la CGT et la CFDT. Seraient-tils pressés d'en finir avec ce problème pour s'attaquer à d'autres, dans le giron de la direction ?
Votes exprimés : 88460 soit 48% de l'ensemble des 175000 cheminots.
On ne connait pas la part de participation par collège (cadres, maitrise, exécution) ni
la part correspondante par activité ou filière. C'est dommage, car les conditions de
l'accord sur les 35 heures varient sensiblement selon les différents régimes de travail.
Les cheminots ont tous reçu à leur domicile un bulletin de vote avec deux réponses possibles (cases à cocher):
1 - " Je considère que pour l'essentiel (emploi, conditions de vie, conditions de travail), le texte proposé va dans le bon sens, et je donne donc un avis positif pour qu'il soit mis en oeuvre"
2 - " Je considère que pour l'essentiel (emploi, conditions de vie, conditions de travail), le texte proposé va dans le mauvais sens, et je donne donc un avis négatif afin qu'il ne soit pas mis en oeuvre"
C'est la réponse n°1 qui l'a emportée à environ 60% des suffrages.
(Suite à quelques observations, je précise qu'il s'agit ici d'une réaction au 1er projet d'accord sur les 35 heures)
Dans beaucoup de services, au matériel par exemple, la mise en place des 35
heures se traduit par une REDUCTION
du temps de travail quotidien et par des repos supplémentaires dont la position est
votée par le personnel de chaque établissement.
Eh bien pour les conducteurs, rien de tout ça.
Vous me connaissez, il y a longtemps que je vous parle du métier de roulant, qui est
contraignant, les nuits, les horaires décalés, les congés qu'on ne peut obtenir, les
périodes de congé étalées de juin à octobre, le service facultatif, où on ne connait
que ses repos, les jours où il faut choisir entre manger et dormir, les repos à
l'extérieur où on est loin des siens...
Beaucoup d'entre vous le connaissent bien.
Une récente étude conduite par un organisme indépendant, le groupe Bernard BRUNHES,
décrit très précisément les contraintes et l'isolement propres aux métier de
conducteur des transports.Cette étude est passée entre les mains de nos plus hauts
dirigeants.
(Voir: www.brunhes.com/EtudLigne/Etudes/Solitude/Solitude.htm
)
Vous pensez que la SNCF a conscience de cela et va profiter
des 35 heures pour assouplir un peu notre condition...
LA SNCF NOUS PROPOSE :
1 - d' AUGMENTER la DUREE du travail
effectif :
- de 8h elle passerait à 8h30 pour les journées de nuit (comprenant tout ou partie de
0h30 à 4h30)
- de 9h elle passerait à 9h30 pour les autres périodes
2 - d' AUGMENTER la limite moyenne sur 3
grandes périodes de travail (GPT) qui de 7h30 passerait à 8h30.
3 - d'AUGMENTER la limite au delà de
laquelle le dépassement de la durée du travail effectif donne lieu à repos
compensateurs :
- pour les nuits, elle passerait de 7h30 à 8h00
- dans les autres cas de 8h à 8h30
(donc, toutes les journées qui donnent actuellement lieu à compensation ne le seraient
plus !! )
4 - de SUPPRIMER les repos compensateurs
pour conduite à agent seul avec radio ( qui avait été accordée pour faire passer la
pilule de la suppression de l'aide-conducteur )
16 repos supplémentaires seront donnés, mais non programmés en grille et accordés dans
les périodes de moindre besoin !!
Vu comme ça, inutile d'embaucher : les repos supplémentaires, c'est nous qui les payons
en travaillant plus chaque jour !
Moi qui disais que les ADC étaient déjà extrêmement flexibles et supportaient déjà
d'énormes contraintes, voila que notre maison veut nous plier encore plus !
Je demande bien haut : qu'avons-nous fait pour être ainsi méprisés ?
Est-ce de la jalousie de la part de nos cadres dirigeants ?
Pourquoi vouloir ainsi casser notre statut, baisser notre rémunération et durcir la
règlementation du travail ?
Sans compter les manoeuvres de décrédibilisation des cheminots à travers des audits qui
ont dérapé dans la presse avide de déblatérer sur ces "privilégiés" de
fonctionnaires, juste après
le sanglant rapport Roché.
Je suis écoeuré. Honte d'être cheminot. Franchement.
Si le tir n'est pas redressé rapidement, la SNCF et ses usagers peuvent craindre bien des désagréments dans les jours à venir, car je me considère comme un "modéré" dans ma profession, alors j'imagine la réaction des collègues plus "sensibles"...
Commentaire au 11 mai 1999:
Le monde est témoin que la réction ne s'est pas fait attendre !
Les négociations des OS ont amené la direction à soumettre un 3ème projet moins défavorable, puis à la suite du mouvement de mécontentement des ADC, Louis Gallois a proposé un amendement au texte final qui atténue sensiblement les conséquences néfastes de l'application des 35 heures aux roulants. Sans parler de progrès, on peut considérer que la régression est moins nette dans l'immédiat.
On peut toutefois noter :
En conclusion, malgré une intervention courageuse des ADC, il sera désormais plus difficile d'obtenir des RG, les dépassements de durée moyenne journalière donneront rarement lieu à compensation et le travail de nuit sera moins bien compensé, tout cela pour 4 ou 5 repos de plus par an.
Peut-être aurions-nous été gagnants de poser 4 congés supplémentaires sans solde...?
OS
Bonjour à tous, je me lance à mon tour sur les 35 h à la SNCF.
Je résume les deux points clés du projet en cours de discussion (sous réserve des
évolutions à venir, bien sur)
Les 35 h se feront par attribution de repos supplémentaires (15 ou 16 par an dans les
établissements, 7 pour les sièges des directions) et non par réduction de la durée
journalière du travail. Elles s'accompagneront du maintien de l'effectif actuel de la
SNCF pendant 3 ans (avec quelques dépassements encore en cours de discussion).
Le projet précise que "Le choix d'un nombre significatif de journées non
travaillées supplémentaires est possible dès lors que les durées journalières du
travail peuvent faire l'objet de modulations, et que les régimes de travail des
personnels affectés dans les établissements incluent la possibilité de travail de nuit
et de fin de semaine."
Dans un post récent Olivier Serre a dit la même chose en termes plus directs
> Vu comme ça, inutile d'embaucher : les repos supplémentaires,
> c'est nous qui les payons en travaillant plus chaque jour !
Je crains que sur ce dossier la SNCF (l'institution et son personnel) va pâtir d'une
incompréhension entre le centre et le terrain.
Au niveau central, les négociateurs ont le sentiment de faire du bon travail.
Sur les effectifs, 3 ans de stabilité de plus après les années 1998 et 1999 à effectif
à peu-près stable constitueraient un changement profond dans l'histoire de la SNCF (qui
fonctionnait depuis sa naissance à un rythme moyen de baisse des effectifs de - 5.000 par
an). Cela semble le maximum qui puisse être financé. Depuis deux ans l'Etat a beaucoup
donné, l'équilibre des comptes n'est pas encore atteint, de gros investissements doivent
être réalisés et le train est déjà cher.
Les organisations syndicales ont fait passer ce qu'elles demandaient: que la réduction de
temps de travail se fasse par l'attribution de repos supplémentaires et non par une
réduction de la durée journalière de service.
Les représentants des roulants aussi. Au début de la négociation s'était posée la
question de leur intégration dans la réduction du temps de travail. Après tout la loi
sur les 35 h ne prévoit pas que les salariés qui font déjà 35 h doivent en faire 30.
Ils ont obtenu que les roulants en bénéficient et
semblent avoir soutenu l'orientation générale que ce soit par des repos
supplémentaires.
La tutelle est contente. Il faut des accords sur les 35 h dans le secteur public puisque
ça avance lentement dans le privé. En plus elle semble être prête à payer pour ça.
Bref les négociateurs semblent contents d'eux, seuls les bénéficiaires potentiels de la
mesure protestent. Je vois là deux malentendus.
Premier malentendu, le corps social s'attend à une augmentation notable des effectifs
l'année du passage aux 35 h. Cette augmentation n'aura pas lieu puisqu'on fonctionnera à
somme constante au niveau de la SNCF.
Il est prévu une affectation prioritaire des personnels là où la présence humaine est,
en elle même, un facteur de meilleur service, vers les emplois au contact de la
clientèle et vers les services les plus difficiles, notamment du point de vue de la
sûreté.
Je fais cette citation suite à la remarque liminaire d'Olivier Serre sur le passage aux
35 h dans les établissements du Matériel. Au moins à la Traction on ne diminuera pas
les effectifs pour les 35 h.
Second malentendu, les 15 repos supplémentaires n'apparaissent plus comme une attente
forte du corps social, et certainement pas au prix d'un alourdissement du travail
quotidien. Pire, il s'était fait à l'idée que ces repos devaient venir sans
contrepartie.
Tout cela ressortira quand (ou si) un accord national sera signé. Le central passera
alors la patate chaude au niveau local pour négocier les accords locaux permettant de
dégager ces fameux repos supplémentaires. Avec ces deux malentendus, la patate risque
d'être bien chaude. Ce qui laisse penser qu'on va y consacrer du temps, des paroles et de
l'énergie.
Le message que je veux faire passer est qu'il n'y a là ni mépris, ni acharnement sur les
mécanos ou le personnel en général, ni trahison de l'institution ou de ses principaux
acteurs, mais une incompréhension qui ressort presque du fonctionnement normal de la
SNCF. Le corps social n'intègre pas la contrainte économique dans ses perceptions
(laissant ça au centre dont c'est le travail), le centre ne peut penser qu'en
quantitatif, avec un temps de retard sur les attentes du terrain, et se situe au delà du
facteur humain.
C'est pour ça que j'ai essayé d'en expliciter les termes. Tout en sachant que ce n'est
pas ça qui rendra les conditions de travail meilleures, mais que quand même 15 repos ça
fait 3 semaines de congé supplémentaires, ce n'est pas rien......
Jacques Viallat
Jacques Viallat, à nouveau, le 2 mai cette fois:
"Mon sentiment sur la situation actuelle à la SNCF. Etant
admis qu'il faut réduire les grèves à répétition, la question est "comment faire
?"
La réponse apportée par la direction et les centrales nationales de la SNCF réside dans
un enrichissement du dialogue social. C'est ce qui fait l'importance de la négociation
sur les 35 h.
C'est l'occasion de s'engager dans une négociation pouvant déboucher sur une
augmentation importante des recrutements financée par un meilleur emploi des matériels
et un équilibre entre augmentation du temps libre et amélioration de l'efficacité.
Où en sommes nous. La négociation nationale se poursuit de manière intensive depuis 4
mois. Il faut remarquer que jusqu'à présent elle avait eu lieu sans grève de la part
des centrales nationales. Ca peut paraître banal, mais c'est déjà un progrès de la
part de toutes les parties.
Cette négociation a conduit à un texte qui n'est pas le texte de la direction mais qui
est un texte réellement négocié et qui a beaucoup bougé (il en est à sa troisième
version).
Il y a une difficulté particulière pour les agents de conduite dont on a beaucoup fait
état sur FMTR. Etant déjà à 35 h, les repos supplémentaires sont à compenser par
plus de temps à passer en tête des trains. La première version négociée a provoqué
des réactions défavorables sur le terrain (rappelons nous le coup de gueule d'Olivier
Serre). La seconde version est plus limitée mais les ADC restent inquiets. Vu de la
direction, cette inquiétude n'est pas justifiée, vu des ADC de FMTR la bonne conscience
de la direction n'est pas justifiée. Je suis incapable d'argumenter là dessus. Les
discussions continuent.
http://www.afp.com/ext/francais/lemonde/
Vendredi, le président de la SNCF Louis Gallois avait tenté de désamorcer le conflit en
jugeant possible, si "une majorité d'agents de conduite le souhaitent", de
"ne rien changer" à leur situation actuelle, puisqu'ils sont déjà à 35
heures. Dans ce cas, les autres catégories de personnel bénéficieraient de l'accord 35
heures."
Bref, il y a encore à faire pour rétablir un minimum de confiance, mais les intentions
sont bonnes.
Je partage ton sentiment, la cause profonde de la grève actuelle est à chercher ailleurs
que dans les détails de ces textes.
Bien sur, il y a des tactiques syndicales, l'opposition centre - base et les
spécificités de la banlieue parisienne: mal vivre et jeunes agents.
Il y a aussi la situation nouvelle où la direction et les deux grandes centrales
s'accordent sur un texte: quel que soit le texte, il y a des militants pour qui c'est une
perte de repères, et en plus c'est un texte de compromis.
Il y a l'idée centrale qui est que la négociation sur les 35 h est un moyen de
progresser vers un dialogue social qui traiterait les problèmes par la recherche de
compromis et non par l'invective. Ce serait un vrai changement, qui apporte sa part de
réticences.
Le plus délicat restera à faire. Passer des états-majors au terrrain. Puis si (ou
quand) le texte est signé engager les discussions locales. Si l'apaisement de la vie au
sein de la SNCF passe par là, ça vaut bien ça."
Salut à tous les cheminots, en particulier les roulants car j'en
fais partie.
Les 35 heures.Cela fait 4 mois que les O.S en parlent et à quoi cela aboutit :
UN ACCORD POURRI QUI NOUS FERAIT TRAVAILLER ENCORE PLUS POUR N'AVOIR AUCUNE EMBAUCHE.
Ensuite la grève commence lancée par la FGAAC. Bizarre, les autres O.S ne suivent pas
(sauf SUD qui se raliera aux autonomes).
La CGT et la CFDT, seraient apparemment prêtes à signer cet accord. Je voudrais savoir
de quel côté elles sont ces deux O.S. Je crois que l'on a deviné.Elles sont plus du
côté patron que ouvrier.QUELLE HONTE. Signer un accord qui ne ferait aucune embauche
sauf par le trucage des chiffres. Je ne suis pas syndiqué, quand je vois ça, j'ai les
boules.
Mais je crois que c'est normal, qu'elles ne bougent pas.Elles sont, sauf erreur de gauche.
En 95, la droite était au pouvoir, un mot de Juppé et là, tout le monde était dans la
rue au bout de 2 jours, et la CGT et CFDT étaient les premières à ALLUMER LA TRONCHE
aux non-grévistes.
Cette année, le gouvernement est de gauche. Donc là, ON NE BOUGE PAS,
il faut que l'on se fasse bien voir au niveau des GROS C.... qui nous gouvernent quitte à
faire des manifs anti-grèves dans le sud et un peu ailleurs pour calmer les syndiqués de
ces délégations.
HONTE à toi CGT, HONTE à toi CFDT, Les ouvriers vous vous en foutez.Vous ne voyez que
votre foutue image de marque qui je crois dégringole car vos cartes d'adhérents volent
dans tous les sens. Ne venez pas vous plaindre, vous l'avez cherché.
Je risque par ces propos de me faire allumer car c'est là que l'on voit l'intelligence de
certains!!! mais je m'en fous.
Note du Webmestre : pas tout à fait puisque tu reste anonyme
! ;-)
BON COURAGE A TOUS LES ROULANTS car il va falloir se battre pour ne pas se faire
"baiser" (je suis énervé) par nos soi-disant délégués (attention, je ne les
met pas tous dans le même panier) qui doivent, NORMALEMENT, nous défendre.
Sur ce, je vous laisse et je vais prendre ma carte à la FGAAC.
A suivre,dossier sur la retraite.Cela risque d'être chaud aussi car si les O.S font comme
pour les 35h, on va rigoler, va y avoir de la casse dans les syndicats.
s.m